Partager l'article ! Conoscere Dino BUZZATI: Guai ai vecchi ! ...
Guai ai vecchi !
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Si è scoperto l’ingresso dell’Inferno in fondo alla Metropolitana di Milano. Un giornalista è incaricato dell’indagine : sarà un Viaggio agli inferni del secolo. Dormivo una mattina nel piccolo appartamento assegnatomi dalla signora Belzeboth, la terribile tipa incontrata il primo giorno. Dormivo e mi svegliarono rumori di mobili smossi e trascinati, di passi e di trambusto. Pazientai mezz’ora. Guardai quindi l’orologio, erano le sette meno un quarto. In vestaglia uscii a vedere. Voci, richiami, la sensazione che la grande casa fosse già tutta sveglia. Salii una rampa di scale, di là proveniva il baccano. Sul ballatoio una vecchietta, in vestaglia anche lei, ma linda, ben pettinata, sui settanta. « Cosa succede ? » Lei sorrise : « Non sa ? Fra tre giorni c’è l’Entrümpelung, la grande festa della primavera. » « E che significa ? » « È la festa della pulizia. Fuori, fuori tutto quello che non ci serve più. Lo scaraventiamo sulla strada. Mobili, libri, cianfrusaglie, cocci, un mucchio così. Poi vengono i furgoni del municipio a portar via. » Sempre con quel suo mite sorriso. Era gentile, graziosa perfino, nonostante le rughe. Il sorriso si aprì : « Ha osservato i vecchi ? » chiese. « Quali vecchi ? » « Tutti. In questi giorni i vecchi sono straordinariamente gentili, pazienti, servizievoli. Lo sa il perché ? » Io tacqui. Nel giorno dell’Entrümpelung » spiegò « le famiglie hanno il diritto anzi il dovere di eliminare i pesi inutili. Perciò i vecchi vengono sbattuti fuori con le immondizie e i ferrivecchi. »… Ci fu uno strepitoso sommovimento nella notte fra il 14 e il 15 maggio. Ruggiti di camion, tonfi, sbattimenti, cigolii. Al mattino quando uscii era come se ci fossero state le barricate. Dinanzi a ogni casa, sul marciapiedi, ammucchiata una congerie di rifiuti di ogni genere, mobili sgangherati, scaldabagni arrugginiti, stufe, attaccapanni, vecchie stampe, pellicce sdrucite, le miserie nostre abbandonate sulla spiaggia dalla risacca dei giorni, la lampada passata di moda, gli antichi sci, il vaso slabbrato, la gabbietta vuota, i libri che nessuno ha letto, la stinta bandiera nazionale, i pitali, il sacco di patate marce, il sacco di segatura, il sacco di dimenticata poesia ! Mi trovavo dinanzi a una montagnola di armadi sedie canterani sfondati, pratiche di ufficio nelle loro grosse cartelle, biciclette di antichi tempi, cenci innominabili, putrefazioni, gatti morti, water infranti, indescrivibili residui di lunghe travagliate coabitazioni, masserizie abiti intime vergogne giunte all’ultimo stadio dell’usura. Guardai in su, era un falansterio immenso e cupo che toglieva la luce, con centomila opache finestre. Poi mi accorsi di un sacco che si muoveva da solo per interni svogliati contorcimenti. E ne veniva una voce : « Oh, oh ! » faceva, sottomessa, rauca, rassegnata. Mi guardai intorno spaventato. Una donna al mio fianco, con una grande borsa da spesa, rigonfia di ogni ben di Dio, mi notò : « Cosa vuole che sia ? Uno di quelli. Un vecchio. Era tempo, no ? » Un ragazzetto dal ciuffo protervo si è avvicinato al sacco e sferra un calcio. Risponde un mugolio cavernoso. Da una drogheria esce una padrona sorridente con una secchia colma d’acqua, appressandosi al sacco che lentamente brontola : « È dall’alba che questo mi rompe l’anima. L’hai goduta la vita, no ? Cosa pretendi ancora ? E prendi questo ! » Così dicendo ha rovesciato il secchio d’acqua sull’uomo chiuso nel sacco, il quale è vecchio, stanco, non può fornire un normale quoziente di produttività, non è più capace di correre, di rompere, di odiare, di fare l’amore. e quindi viene eliminato. Fra poco arriveranno gli incaricati dell’autorità municipale, lo butteranno nella fogna.
Il colombre, Viaggio agli inferni del secolo |
Un matin, je dormais dans le petit appartement que m'avait assigné Mme Belzébuth, la terrible femme rencontrée le premier jour. Je dormais quand me réveillèrent des bruits de meubles que l’on poussait et que l’on tirait, un vacarme. Je patientai une demi-heure puis je regardai la pendule. Il était sept heures moins le quart. Je sortis en robe de chambre pour voir ce qui se passait.
Des bruits de voix, des gens qui s'appelaient, la sensation que la grande maison était déjà complètement réveillée.
Je montai un étage. C'est de là que provenait le vacarme. Sur la terrasse, une petite vieille, en peignoir elle aussi, mais coquette, bien coiffée, soixante et dix ans environ.
« Que se passe-t-il ? »
Elle sourit :
« Vous ne savez pas ? Dans trois jours, c'est l'Entrümpelung, la grande fête de printemps. »
« Et qu’est-ce que cela veut dire ? »
« C'est la fête de la propreté. Dehors, dehors tout ce qui ne nous sert plus. Nous le jetons dans la rue. Meubles, livres, vieilleries, vaisselle ébréchée, un tas haut comme ça. Et puis les camions de la mairie viennent et emportent tout. »
Toujours avec son doux sourire. Elle était aimable, jolie même malgré les rides. Son sourire s'accentua :
« Avez-vous observé les vieillards ? » me demanda-t-elle.
« Quels vieillards ? »
« Tous. Ces jours-ci, les vieillards sont extraordinairement gentils, patients, serviables. Vous savez pourquoi ? »
Je ne répondis pas.
« Le jour de l'Entrümpelung », expliqua-t-elle, « les familles ont le droit et même le devoir, d'éliminer les charges inutiles. Ainsi les vieillards sont jetés dehors avec les immondices et les vieilles ferrailles. » […]
Il y eut un impressionnant branle-bas de combat dans la nuit du 14 au 15 mai. Rugissements de camions, chocs sourds, claquements, grincements. Le matin, quand je sortis, on aurait dit qu'il y avait eu des barricades. Devant chaque maison, sur le trottoir, amoncelées en vrac, une montagne de déchets de toute sorte : meubles démantelés, chauffe-eau rouillés, poêles, portemanteaux, vieilles estampes, fourrures décousues, nos misères abandonnées sur la plage par le ressac des jours, la lampe démodée, les vieux skis, le vase ébréché, la petite cage vide, les livres que personne n'a lus, le drapeau national délavé, les pots de chambre, le sac de patates pourries, le sac de sciure, le sac de poésie oubliée.
Je me trouvai devant un amoncellement d'armoires, chaises, commodes défoncées, paperasses de bureau dans leurs épais dossiers, vélos d’autrefois, chiffons innommables, putréfactions, chats crevés, cuvettes de WC brisées, indescriptibles résidus de longues cohabitations douloureuses, ustensiles de ménage, vêtements, hontes intimes arrivées au dernier stade de l'usure. Je levai les yeux, c'était un phalanstère immense et sombre qui coupait la lumière, avec cent mille fenêtre opaques. Puis je remarquai un sac qui se déplaçait seul, agité, de l'intérieur, de faibles contorsions. Et il en sortait une voix : « Oh, oh ! » faisait-elle, soumise, rauque, résignée.
Je regardai autour de moi, épouvanté.
À côté de moi, une femme avec un grand sac à provisions qui débordait de toutes sortes de bonnes choses me remarqua.
« Que voulez-vous que ce soit ? C’est l'un d'eux. Un vieux. Il était temps, non ? »
Un jeune garçon à la mèche arrogante s'est approché du sac et lui décoche un coup de pied. Un mugissement caverneux lui répond.
D'une épicerie sort la patronne, souriante, avec un seau plein d'eau, et elle s'approche du sac qui grommelle doucement.
« Depuis l’aube, il me casse les pieds, celui-là. Tu en as profité de la vie non ? Alors qu'est-ce que tu veux encore ? Tiens, prends ça ! »
En disant cela, elle renverse le contenu du seau sur l'homme enfermé dans le sac. C'est un vieillard fatigué qui ne peut plus fournir un quotient normal de productivité, n'est plus capable de courir, de casser, de haïr, de faire l'amour et qui est donc éliminé.
Bientôt, les employés municipaux arriveront et le jetteront dans l'égout.
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